Le son du cor retentit,
le jour est loin d'être fini,
les cloches sonnent le repli
les paysans se pressent dans la cour du château,
les vassaux ont rameuté une petite armée,
des hommes loyaux
qui au combat ont été formés;
des cicatrices témoignent de leur expérience passée,
l'épée au fourreau,
la lance à la main prêts pour une soirée agitée
ou pour certain il n'y aura pas de lendemains,
pas d'aurore car trop d'horreur,
les éclaireurs accourent,
parcourent les quelques mètres essoufflés,
titubent et se jettent au pied du conseiller.
Trop tard pour perfectionner les défenses
déjà ont entend au loin les huées qui s'élancent,
la bataille se fera dans les terres en jachères,
le sang et la chaire viendront se mêler
aux herbes sèches qui poussaient.
Je suis le fils du palefrenier,
j'ai préparer les chevaux pour cette épreuve,
c'est l'heure de faire ses preuves me glisse le meunier.
C'est la première fois que je pars au combat,
et celui-ci se fait devant chez moi,
au même endroit que là où j'ai fait mes premiers pas.
La cotte de maille me serre le ventre à moins que ce ne soit la peur.
Il n'y a pas de failles, juste l'odeur
du fer et du désir de faire.
Je sens la tension dans les nerfs des chevaux,
je capte mon attention pour calmer les bestiaux.
Le cri de guerre plane dans l'air pour motiver, pour déchaîner les guerriers,
les armes sont parées,
le tranchant réclame le sang des envahisseurs,
la guerre c'est ma sœur,
j'ai la rage au cœur,
saute en scelle, galope à cent a l'heure,
je trace seul rejoindre le bataillon
qui a ce moment passe les portes du bastion,
je ne lutte pas pour mon roi mais pour ma terre,
pas sous la bénédiction d'une croix mais celle de mon père.
Les ennemis je ne les connais pas, j'en ai que faire
et pour me battre je n'ai que le fer,
je laisse mon mental, la barbarie s'installe,
elle s'étale et se répand
se faufilant tel un serpent
dans les entrailles des combattants
qui pénètrent sur le champ de bataille.
Les adversaires sont de taille:
une longue file de guerriers parsemés de samouraïs.
Ils ne craignent pas la mort
ils sont venus dans un but: prendre le fort
mais ils ne savent pas contre qui ils luttent et qui sera le plus fort!
Je repense aux batailles déjà vécues
et je me souviens qu'on a toujours vaincu,
aujourd'hui je suis sur le terrain
et non plus dans les sous terrains!
Nous sommes en infériorité numérique mais notre mental est d'acier,
comme nos armures, le combat sera équilibré.
Les visières des casques se ferment, tout le monde se tait
seul le capitaine gouverne et on dégaine les épées.
Les samouraïs s'élancent à grandes enjambées
suivis de près par des cavaliers.
Les premières flèches sont tirées en guise de signal,
leurs sifflements indique qu'elles vont faire mal,
en effet leur première ligne s'est écroulée,
l'ordre est donné, les chevaux sont lancés,
ça y est en plein dedans, le choc est terrible, les deux armées se confondent
je n'entends que le bruit des sabots qui grondent,
des lames de fer s'abattent sur moi
en quelques parades je les renvois,
je n'ose pas frapper,
j'ai peur de blesser un allié,
une lance ricoche sur mon armure en un reflex je tranche la tête net à celui
qui a voulu abréger ma vie;
Charod mon cheval est habile il se met hors de porté des ennemis
mais l'arène est resserrée,
lui qui est habitué à gambader,
se retrouve à piétiner des corps ensanglantés,
les hommes crient;
de rage ou quand ils sont touchés,
je vois plein de corps couchés
des têtes qui volent et des hommes qui supplient de les achever.
Pris par l'horreur et la folie
je sens la haine qui m'envahit
et mon épée se balade de tout les côtés
brisant des familles cassant des amours tuant sans pitié,
même les armures s'éparpillent,
et les têtes sautent plus haut qu'avec une guillotine,
en un tour de main je préserve un peu plus mon destin,
les dents serrées j'irais tous les lacérer jusqu'au dernier,
je n'ai plus d'âme juste une arme
et je m'en sers à merveille dans une soirée de cauchemar,
l'odeur du sang ravive une passion de tuer des gens,
et l'épée continue son va-et-vient incessant,
vrillant, tranchant des mains et des pieds,
transperçant les corps,
le cœur en ressort encore palpitant pour ses derniers battements,
à l'horizon le soleil disparaît
mais sur la Terre la bataille n'est pas terminée,
le sang à beaucoup coulé,
et à certains endroits des flaques se sont formés,
le mal s'est étalé
et la haine a mis les deux pieds dans mon esprit
et je continu mon carnage
me battant avec la rage,
je vois des soldats qui prient,
au moment ou la mort les prend,
aucun instrument pouvait me percer,
du moins c'est ce que je croyais
mais la vague ennemie revient toujours se briser,
l'art du combat est maîtrisé des deux côtés
et je vois peu à peu disparaître mes coéquipiers,
tombés sous l'action des archers;
sur moi les flèches semblent détournées,
elles tombent toutes à côtés,
es-ce une aura? Je ne sais pas,
mais les samouraïs bataillent jusqu'a la mort
et je n'arrive pas à les priver d'aurore.
Je frappe à tort ou à raison?
J'ai la rage et ne me pose plus trop de questions,
la seule action est celle de mon poignet
qui fait voler dans tous les sens mon instrument à tuer;
d'autres ont eu moins de chance et sont allongés,
mes victimes en font parties,
mais pourquoi sont-ils partis de leur patrie?
la guerre est inutile, mais je défends ma terre
et je lutterai même à terre, le savent-ils?
Mon jeune age me permet d'avoir l'agilité
même si ma lourde armure me pèse sur les épaules,
j'arrive à parer puis attaquer, c'est mon rôle.
Le combat continu mais je sens mes forces me quitter,
l'horizon est rouge tout comme le sol que je foule de mes pieds,
me voila à terre Charod m'a quitté
cela ne change rien je lutte toujours de mes deux mains
j'ai ramassé une dague qui me servira pour riposter
si deux adversaires venaient m'agresser,
mais à ce moment je suis entouré,
je ne peux pas fuire, mais je vais lutter
jusqu'a la mort pour ne pas être sujet aux remords.
Une flèche vient heurter un assaillant,
je lance ma dague par le tranchant,
un de plus tombe sur-le-champ.
Je m'élance pour fuire
quand un shuriken déchire le cuire,
j'ai le mollet ensanglanté, ma course est freinée,
j'observe mes compagnons, tous sont au sol,
seul je cours vers le bastion, quand je vois Charod qui me frôle,
je m'élance et saute sur son dos,
je fonce avant qu'une flèche transperce ma peau,
les lourdes portes se ferment après mon passage,
mais qui va défendre le donjon après ce carnage?
Tout comme moi des combattants se sont réfugiés derrières les murs de la cité,
ma blessure est pensée
ma tête tourne et se met à penser à tout le sang versé,
le noir de la nuit est sale,
la brume de ce soir me voile,
je suis pris dans une toile,
mes cauchemars ne sont pas faits d'étoiles plutôt de pales,
du sang et des visages pâles,
des yeux grand ouverts, livides,
des cranes ouverts tous vides,
des rides qui montrent la souffrance,
des corps agglutinés qui marquent le manque de chance.
Le lendemain fut terrible
les flèches ont plut comme le déluge dans la bible,
encore une lune à tenir
avant que l'armée du sud vienne nous soutenir,
a chaque tournant de la haute ville la peur se sent
quand le bélier revient incessamment
heurter les fortifications propices à cette occasion,
mais le bastion tient bon!
Les assaillants sont peu nombreux
mais assez pour terrasser ceux qui sont en face d'eux
autrement dit: nous, les survivants,
qui sont arrivés à flotter au-dessus d'une mare de sang
pour s'enfuire en forçant.
Assez de raconter ce qui s'est passé hier le moment présent est le dénouement,
la longue attente avant l'évènement.
Si nous n'arrivons pas a tenir, les samouraïs mettront la ville à feu et à sang,
le roi et la reine sont en sécurités,
pour le moment,
dans les catacombes sous le palais.
Le temps passe, le feu est envoyé par des archers
et la ville ressemble à un bûché,
les paysans sont affairés pour contrarier l'incendie
mais la pluie est de flèche et provoque les incidents,
le peuple est en déroute,
au loin de la poussière sur la route,
mais les portes viennent de céder, les femmes et les enfants
sont des proies faciles pour les combattants,
mais les restes de notre armée vont affronter la déferlante,
la marée montante,
sans ambition juste pour retarder leur progression,
pour éviter une trop rapide agression,
mieux vaut mourir devant sa maison
que de pourrire en prison
alors je m'élance malgré ma blessure, je ne la sens pas,
je suis au-delà de ça
mes coups sont fébriles, mais subtils,
je connais tout les sentiers de ma ville
alors je disparais dans les airs et surgis par derrière
c'est la guerre qui veut ça,
et je vocifère contre celui qui ne se bat pas.
Les renforts arrivent!
l'armée de sud, composé d'hommes rudes, prend part au combat,
tuant sans relâche à coup de hache ceux d'en bas.
Un grand sourire sur ma face
montre que la victoire se met en place,
le village incandescent est en ruine
et les champs immaculés par le sang...
un de ces rats s'approche de moi, sournois,
en un coup je lui perce son foie
et il tombe raide les bras en croix,
le combat est terminé, non pas tout à fait,
j'entends encore des bruits de ferraille,
je suis fatigué alors je quitte cette bataille,
je suis rescapé de cette boucherie
jamais je n'oublierai cette nuit et ce qui en suit,
heureux d'avoir lutter, de ne pas avoir cédé et d'être en vie,
je sourie j'admire ma terre qui se réveille,
après une nuit de folie,
elle est illuminée par le soleil,
la joie m'envahie je lève les bras au ciel,
je remercie les Dieux de pouvoir admirer cette terre
quand soudain la mort me fauche par derrière !